L’Iran, ses Ayatollahs, ses populations, ses élections

Publié le par eve.api-oc

 

 

L’Iran, connu pour ses Ayatollahs et que les dernières élections ont remis sur la scène internationale, est un grand pays, situé à un carrefour particulier qui le met en contact avec les pays arabes (Irak, Koweït, Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis), les peuples turcs (Turquie, Turkménistan, Azerbaïdjan), le Pakistan. L’empire perse aux frontières changeantes à englobé jadis bien des peuples et l’Iran garde aujourd’hui dans ses frontières des populations différentes.

Ouvert sur la caspienne et le golfe persique la position du pays le désigne à la fois comme un lien et un carrefour

 

En 2005, l’Iran comprenait 71 000 000 d’habitants (recensement de 2006) dont 65% en zone urbaine ; La population est répartie de façon inégale sur le territoire.


Le Farsi ou Persan est parlé par 70% de la population bien que seulement 50% des Iraniens soient des persans. Ce qui veut dire que dans les minorités nationales on trouve de plus en plus de personnes bilingues.

Le Farsi est une langue Indo- européenne du groupe indo-iranien  comme le Pashtoun, le Kurde, le baloutche, également présent en Iran.

1/3 des Iraniens parlent une langue Turque (Azéri, Turkmène, Karakalpak, Khaladj)

 

LA POPULATION

La croissance de la population a été considérable dans les années 1985, elle atteignait 3,5% ; actuellement elle est considérablement réduite puisque son accroissement serait de 1,24% ce qui est semblable à celui de l’état français. La population de l’Iran est donc jeune : 50% des Iraniens ont moins de 25 ans. C’est l’une des plus jeune population du monde.

 

                carte ethno-religieuse de l'iran


Les Persans

Ils représentent la moitie de la population, on en trouve dans toutes les provinces ; mais ils sont prioritairement regroupés sur le plateau central du Pays. Ils parlent le Farsi, langue officielle de la république Islamique d’Iran, la seule enseignée dans les écoles primaires.

Les Persans sont Musulmans Chiites Duodécimains

Les travaux de Bernard Houreade  après le recensement de 1986 ont permis d’établir une carte de l’emploi du Farsi ; on voit que les minorités nationales utilisent le persan  pour les actes administratifs et la scolarisation ( tous les enfants sont scolarisés en Iran) mais, pour la vie courante et la famille, ils utilisent leur langue propre.

 

 

Les Azéris

C’est la plus importante minorité ; Ils sont établis dans le nord ouest, principalement dans l’Azerbaïdjan de l’est et de l’ouest, l’Ardabil, le Zanjan et le Qazvin ; En décembre 1945, bénéficiant du soutien de l’Union soviétique, le Gouvernement du peuple d’Azerbaïdjan déclarent l’indépendance des régions de l’Azerbaïdjan iranien. Cette république fut éphémère.

Les Azéris parlent un dialecte Turc et sont musulmans chiites. Cette caractéristique religieuse, leur parfait bilinguisme, leur permet d’être la minorité la mieux intégrée, à la fois au niveau du commerce et au niveau de l’administration. Ils ont un poids important au niveau religieux ; Le guide actuel de la république islamique : Kamenei est un Azéri. , Toutefois, il existe une demande croissante pour plus de droits culturels et linguistiques, y compris l'application de leur droit constitutionnel à l'éducation par l'intermédiaire de la Turquie. Ils se regroupent dans le Mouvement Démocrate Fédéraliste d’Azerbaïdjan,.

 

 

Les Turkmènes

Au nord Est de l’Iran dans les provinces de Golestan et Karassan ils parlent aussi une la langue turque mais sont musulmans sunnites  leur mouvement : l’Organisation pour la Défense des Droits du peuple turkmène

 

Les Kurdes sont dans les provinces occidentales de Kermanchat, du Khorasan, de l’Ilam et de l’Azerbaïdjan de l’ouest ; Ils ont une langue propre proche du farsi mais seulement 25% de Kurdes sont bilingues ; ils pratique un islam sunnite, adapté à leur conception du monde. Ils sont liés avec les kurdes des pays voisins (Irak, Syrie, Turquie). Avec plus de 9% de la population, ils sont une des minorités les plus remuantes du pays. Le souvenir de la République de Mahabad de 1945 reste fortement encré dans le souvenir populaire  ils se regroupent dans deux partis : Parti Démocratique du Kurdistan et le Parti Komala

 

Les Baloutches

On les trouve au sud est du pays, (Sistan et Balouchistan, ils parlent le Balouchi, langue indo-Iranienne mais ce sont converti à l’islam sunnite.

Ils revendiquent grâce à deux mouvements important : le Front Uni du Baloutchistan d’Iran, et le Parti du Peuple Baloutche,

 

Les arabes

Ils représentent 3% de la population et sont situés dans le sud ouest du pays, à la frontiére Irakienne. au Kouzestan C’est cette zone que Sadam Hussein voulait envahir dans les années 80 pour donner à son pays , un débouché sur la mer, on les trouve aussi plus au sud dans la province d’Hormazgan ; Ils sont farouchement arabes et Chiites et fortement persécutés. Ils ont un mouvement : le Parti de la Solidarité Démocratique d’Ahwaz

 

Autres groupes ethniques, qui eux parlent tous le farsi

Des groupes noirs dispersés au sud du pays le long de la côte, sont les descendants des anciens esclaves importés autrefois de Zanzibar

Les minorités indiennes, descendants des commerçants indiens installés autrefois ici ;

Et les Hazaras, peuple mystérieux, dont les yeux bridés dénotent une possible origine asiatique…

 

Tous ces peuples sont très turbulents et à certaines périodes, les actions, parfois très violentes, sont plus actives.En 2006, Ils ont même essayer de fédérer leurs luttes en créant le « Congrès des Nationalités Iraniennes pour un Iran fédéral »

 

LE SENTIMENT NATIONAL

 

Le sentiment d’être Iranien existe, un peut comme existe ici le sentiment d’être français. Le fait d’avoir voulu mettre le pays au banc des nations, a soudé la communauté nationale.

L’Iran National doit intégrer une double dualité : Le centre du pays est persanophone alors que la périphérie, si elle parle le plus en plus le Farsi, reste farouchement bilingue et attachée à ses valeurs culturelles originales. Économiquement, le développement se fait à la périphérie et non au centre, là où les ressources et les réserves du sous-sol appellent la main d’œuvre.

Les divers peuples de l’Iran sont habitués à cohabiter ; 60% de la population globale vit dans les villes, grands centres urbains, où la population bigarrée a appris le « vivre ensemble »

 

Pendant la deuxième  guerre, profitant des troubles, les armes à la main,  deux republiques s’étaient constituées : le république soviétique d’Azerbaïdjan et la république kurde de Mâhâbâd

Sous le règne de Rizah Palevi, Chah d’Iran de 1941 à 1979, les langues des minorités furent interdites,  la plus part des noms de langues Turc, Kurde, Baloutche ont étés persanisés

Actuellement, il est toujours interdit de parler d’autonomie et de différence ethnique mais depuis l’avènement de la révolution islamique les choses ont évoluées

 

L’article 15 de la constitution spécifie/

 

1) La langue et l'écriture officielles communes à tout le peuple iranien sont le persan et l'écriture persane. Les documents, les correspondances et les textes officiels, ainsi que les livres scolaires doivent être rédigés dans cette langue et avec cette écriture.

2) Toutefois, l'usage de langues locales ou de celles des tribus dans la presse et les moyens de communication de masse, ainsi que pour l'enseignement de la littérature de ces langues dans les écoles est autorisé à côté du persan

 

Les langues des minorités sont reconnues et peuvent être enseignées dans les écoles du pays à côté du Farsi.

 

En fait, face aux diverses agitations, l’état a cédé sur les revendications culturelles, mais les peuples d’Iran demande plus encore.

 

 

L’ADMINISTRATION DE L’IRAN

 

La très grande majorité des Iraniens sont des musulmans répartis entre 80 % de chiites et 10 % de sunnites. L'Iran abrite plusieurs minorités religieuses non musulmanes, dont quelques petites communautés de chrétiens (300 000) et de juifs (20 000), puis des minorités bahaïes (300 000) et zoroastriennes (30 000). Ces minorités religieuses sont représentées par des députés au Parlement national (entre un à trois, selon la communauté).

Ce qui lie les Iraniens, c’est davantage la religion chiite (80 % de la population) que la langue officielle, le farsi, parlée comme langue maternelle par uniquement la moitié de la population. Le problème, c’est que certaines minorités importantes sont sunnites (et non chiites) comme les Kurdes, les Baloutches les Turkmènes  (Dans le monde, les musulmans sont de rite sunnite dans une proportion de 80 %),

L’Iran a subit, à la fin du XIX°siècle, le choc de pays impérialistes développés ; ses richesses agricoles, ses réserves énergétiques exerçaient des convoitises. Le clergé chiite joua un rôle très important dans le cheminement vers l’indépendance et dans la modernisation du pays, en raison de son implantation économique, de son importance sociale. Il participa aux discutions idéologiques, le clergé lui-même étant traversé par des courants d’idées libérales et conservatrices.

La lutte pour l’indépendance nationale conduit au renversement du Chah : Muhammad Rizah Pahlavi, en 1979. Ce dictateur pro-occidental fut mis à bas grâce à une coalition d’éléments du clergé chiite le plus conservateur, de forces progressistes comme les moudjahiddins du peuple ou le parti communiste iranien (Tudeh)

L’Iran est devenu une république islamique

Depuis l’installation de cette république islamique, l’Iran est le seul pays officiellement Chiite et un des rare dans le monde à être une théocratie, le pouvoir temporel est concidéré comme venant de dieu et est administré par un clérgé

Ce système est basé sur le concept de velayat-e faqih, (gouvernement des doctes) théorisé dans les années 1960 par l’ayatollah Rouhollah Khomeyni, premier «Guide de la Révolution». (Qui a longtemps été hébergé et protégé par la France) les docteurs de la foi sont censés être des gardiens, des arbitres suprêmes en cas de dissension en matière morale ou politique et cela en vertu de leur capacité d’analyser les textes divins.

. Le chef de l'État est le «Guide de la révolution», choisi parmi le haut clergé chiite. Il supervise les politiques du gouvernement qui est dirigé par le président de la République

Un processus électoral permet l’élection au suffrage universel, par tous les citoyens ayant plus de 15ans, du président de la république pour 4 ans,     des députés   des membres de l’assemblée des experts.

  Ce système électoral s’inspire des démocraties, toutefois, le pluralisme politique n’existe pas, les candidats doivent appartenir aux diverses « groupes » islamistes et être cautionnés par le pouvoir en place.. Le système politique de la République islamique est basé sur la Constitution de 1979 appelée, «Loi Fondamentale»

 

CHRONOLOGIE ET REPERES HISTORIQUES

Après la première guerre mondiale, l’Iran a un rôle stratégique important ; les puissances occidentales et la Russie rivalisent pour l‘attirer chacune dans leur camp. Les Etat Unis, aident des éléments Iraniens qui leurs sont favorables, à  renverse le régime et à installer sur le trône Reza Pahlévi. Grande Bretagne et  Etats-Unis se concurrencent et donne à l’Iran la possibilité en 1953 de remettre la main sur ses réserves de pétrole ; Ce long combat contre la privatisation et le blocus des grandes puissances a fait de l’Iran un exemple pour les luttes anticoloniales du Moyen Orient.

Dès ce moment là, le pays sera placé sous le parapluie américain militaire et économique. Très vite, pour lutter contre les opposants, le gouvernement officiel devient une véritable dictature. Les américains craignent l’impopularité croissante du régime. Ils désirent stabiliser ce grand pays, pour cela, ils vont accompagner le changement en se servant du levier religieux, pour établir une cohésion, sans imaginer à l’époque tout ce que cela allait impliquer par la suite. (Rappelons qu’à la même période, les Etats Unis se sont aussi appuyer sur l’arme religieuse pour lutter contre l’armée rouge qui venait d’entrer en Afghanistan. On connaît aujourd’hui les conséquences de ce choix)

 

En 1979 destitution du chah - L’Ayatollah Khomeiny devient guide suprême - La loi fondamentale est adoptée.

En 1980 l’Irak attaque l’Iran pour s’emparer des ressources pétrolières au sud ouest de l’Iran. Et avoir un débouché sur la mer. L’Iran lui rêve de renverser Sadam Hussein et d’installer en Irak un régime frère basé sur l’islam Chiite. La guerre durera 8 ans

 

  • Abolhassan Bani Sadr - président du 4 février 1980 au 21 juin 1981, date de sa destitution.
  • Mohammad Ali Rajai - président du 2 août 1981 (après la destitution de Bani Sadr) au 30 août 1981, date de son assassinat.
  • Ali Khamenei - président du 13 octobre 1981 au 17 août 1989 (réélu en 1985) 
  • Hachemi Rafsandjani - président du 17 août 1989 au 3 août 1997. (réelu en 1993)
  • Mohammad Khatami - président du 4 août 1997 au 3 août 2005. (réelu en 2001)
  • Mahmoud Ahmadinejad - président depuis le 3 août 2005. Réélu en juin 2009.

         Le 3 juin 1989  à la mort de Khomeiny, Le président est Hachemi Rasfanjan - Ali Khamenei est  alors choisi comme guide suprême par « ’assemblée des experts »

L’iran. ne s’engagera par lors de la guerre Etats-Unis-Irak, se contentant de condamner les Etats-Unis et d’autoriser les irakiens à se réfugier sur son territoire. 

En 1993, le président Hachemi Rafsandjani fut réélu avec une faible majorité.

En 1997, un religieux modéré, Mohammad Khatami, succéda à Rafsandjani. Il cherche à la demande du parlement, à libéraliser le régime face au clergé très conservateur. Le réformateur Mohammad Khatami avait attiré vers lui le vote de la plupart des minorités ethniques, des élites et des étudiants persans.

 Au lendemain de son élection, une grande quantité de journaux ont été publiés dans les langues minoritaires, surtout dans les provinces non persanophones. À Téhéran fut même fondée la «Maison des ethnies» qui devint un lieu de rencontre pour les intellectuels et les activistes des minorités ethniques. Une partie des leaders appartenant aux minorités ethniques profita de ces années pour se relancer les mouvements identitaires. Ce fut une sorte de renouveau culturel! Des dictionnaires et des grammaires furent publiés afin de rehausser le statut des langues ethniques, des associations furent créées pour les enseigner aux enfants et aux jeunes, des recherches furent menées sur l’histoire locale, la littérature populaire ou le folklore.

1999 à Téhéran de fortes manifestations durèrent plus d'une semaine.

Juin 2001 Khatami est réélu, mais les conservateurs déstabilisèrent le gouvernement en bannissant les journaux libéraux et en disqualifiant les candidats aux élections parlementaires.

En 2005, un nouveau président est élu, C’est le maire de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad, un personnage ultraconservateur et provocateur,

En 2009 Mahmoud Ahmadinejad est réélu et son élection déclanche une série d’émeutes et de contestations

 

L’IRAN AUJOURDHUI – LES DERNIERES ELECTIONS

 

La campagne électorale a fait une large place

 

1- à l’économie.

Le chaumage est actuellement de 20% ; l’Iran à  été pénalisé à la suite du départ forcé des compagnies étrangères a cause de la nationalisation,en 1979,mais aussià cause de l’embargo américain de  1995

La majorité des ressources venaient des revenus du pétrole. Faute d’investissements et de modernisation le pays a vu sa production pétrolière diminuer alors que sa consommation intérieure augmentait. Les exportations se sont donc considérablement réduites.

Paradoxalement, Les plus grosses réserves de pétrole mondial sont en Irak

 

Le commerce international est contrôlé par les religieux ; ce sont eux qui donnent l’autorisation de commercer.

 

 

2- à la liberalisation des meurs

Pourtant la république Islamique a apporté certains progrès et fait évoluer la société :

Malgré l’obligation de porter le voile en public et l’affirmation du statut d’infériorité pour la femme, l’Iran est le pays islamique où le statut de la femme a le plus évoluée : les femmes voilées sortent seules, fondent des associations,  votent manifestent travaillent, étudient…60% des étudiants en  première année de facultés sont des femmes. Depuis 1979, tous les enfants sont scolarisés ; l’instruction à entraîne une maîtrise de la natalité et un retard dans l’age du mariage des filles : on est passé de 13 ans dans les années 1980 à une moyenne de 24 ans de nos jours.

C’est une lutte difficile à la campagne et dans les petites villes et un cadre encore trop strict encadre cet espace de liberté, mais les femmes iraniennes avancent.,

Parallèlement à l’instruction monte chez les jeunes un désir d’échange, de contact de voyage

Toutes ces revendications ont été portées par les candidats libéraux  en général (ils étaient trois) et Mr Moussavi en particulier

 

Mir  Hossein Moussavi


De 1981 à 1989 Mr Moussavi était premier ministre du président de l’époque Ali Khamei (le poste de premier ministre a depuis été supprimé)  les deux hommes ne s’entendaient pas. De l’avis général il a bien géré le pays pendant cette période de guerre avec l’irak. mais ses pouvoirs étaient peu étendu et ses conflits avec l’ayatollah Khamenei le firent écarté de la scène politique.

Il a repris un temps son activité d’enseignant à l’université de Téhéran ; actuellement, il est peintre et architecte ; il est aussi président de l’académie des arts 

Aujourd’hui âgé de 67 ans, reste et restera un pur produit de la Révolution islamique, qu'il a toujours soutenue et à laquelle il a participé activement.

Mir hossein Moussavi - photo LCI


Dans  les années 80. Il a par exemple défendu la prise d'otages à l'ambassade américaine, validé les exécutions d'opposants ou encore appuyé la fatwa contre Salman Rushdie après la publication des Versets sataniques. Aujourd'hui, il reste encore fidèle aux principes de la Révolution. Pas question ainsi, comme la plupart des Iraniens, de reconnaître l'existence d'Israël. Pas question non plus d'abandonner le programme nucléaire.

Selon ses amis depuis les années 90 il aurait assoupli ses positions et se situerait dans les modérés du régime

Pendant la campagne il a pris le contre-pied exact de Mahmoud Ahmadinejad sur la plupart des sujets primordiaux. Au pouvoir, en respectant ses promesses de campagne, il aurait pu insuffler sans conteste un vent nouveau sur la jeune société iranienne, notamment en matière de libéralisation des moeurs et de droit des femmes

Il se veut beaucoup plus modéré et pragmatique en politique étrangère. Il critique ainsi les diatribes antisémites de son adversaire  et condamne l'Holocauste

 Pour le nucléaire, il se dit prêt à accepter des garanties pour éviter une dérive militaire.

Fraude ou pas fraude ?

Aucune fraude caractérisée a dit le régime

Pourtant, une récente étude de Berman et Rintoul  basée sur les résultas officiels transmis parle ministère  de l’intérieur d’Iran, ne peut que nous interroger.

Les votes ont dépassés 100% des inscrits dans au moins deux provinces : Mazandaran et Yazd Et même atteint 130%

Les variations régionales, au niveau de la participation, ont disparues et il n’y a pas de corrélation entre cette augmentation et le succès d’Ahmarinedjad

 

L’augmentation de votants n‘explique pas un tel succès pour Ahmarinedjad.

 

Si l’on compare avec les élections présidentielles de 2005, dans trois provinces, les résultats d’Ahmarinedjad montrent qu’il aurait rassemblé les votes de la totalité des conservateurs, la totalité des centristes, de tous les nouveaux votants mais encore aurait capté 44% des voix des réformistes

 

En 1997, 2001, 2005, les candidat conservateurs en général et Ahmarinedjad en particulier, étaient très impopulaire dans les zones rurales.

Ahmaninejad aurait augmenté ses voix d’environ 13 millions soit 113% de plus qu’en 2005

 

Comment expliquer l’effondrement de Karrubi, l’un des candidats réformateur très populaire dans les régions périphériques ; dans sa propre province du Lorestan il passe de 55,5% des votants en 2005 à 4,9% en 2009 alors qu’Ahmarinedjad y progresse de 50,9% et rassemble sur son nom 47,5% des votes centristes.

Une grande partie des iraniens n’ont pas cru à la véracité des résultats déclanchant les protestations que l’on a vues et la répression que l’on sait.

 

LA DEMOCRATIE A-T-ELLE PERDUE ?

 

On sait qu’aucun des candidats ne remettait en cause la République islamique

On sait enfin que le « réformateur » Khatami, en son temps (1997-2005), avait énormément déçu les mêmes qui se sont mobilisés cette fois-ci pour Moussavi.

 Un des spécialistes de l’Iran, Frédéric Tellier ne pense pas que le camp réformateur iranien pourrait progressivement amener ce pays vers la démocratie libérale, par une sorte d’évolution interne maîtrisée. Tellier soutient que la vraie nature de la République islamique est d’être un régime totalitaire. Pour exister, Elle doit supprimer ou contrôler tous les espaces de libertés individuelles ou collectives

La rivalité entre réformateurs et conservateurs à l’intérieur du pouvoir, ne touchera pas à cet axiome de base. La seule solution réside dans un face à face entre individus brimés réunis et l’ensemble du régime totalitaire. Si cette thèse est exacte, l’avènement de la démocratie ne sera possible que par la chute du régime ; elle ne peut pas venir  ni d’une réorientation intérieure du pouvoir ni d’une intervention étrangère

 

Cette rupture, pour advenir, peut passer par des revendications qui n’attaquent pas de front le régime lui-même. C’est le cas des slogans des pro-Moussavi, qui réclament seulement que leur vote leur soit rendu. Par les proclamation «  Dieu est grand » sur le toits des maison à la nuit tombée, afin de maintenir un lien….. Mais il ne faut pas s’y tromper : derrière cette revendication, c’est un envie de la liberté qui s’oppose au poids de l’intégrisme

Aujourd’hui, le pouvoir semble avoir réussi à mater la révolte, ce qui s’est traduit par un renforcement des tenants les plus durs du régime. Mais ces journées resteront dans les mémoires iraniennes et elles nourriront les rêves d’avenir à la fois chez les Persans et chez tous les peuples minoritaires.

 

 

Pour en savoir plus

Fredéric Tellier : « l’Heure de l’Iran » (Ellipses)

Ramine Kamrane, et  fredericTellier « Iran : les coulisses d’un totalitarisme »

Daniel Bermanet Thomas Rintoul : première analyse du vote aux élections présidentielle de 2009 en Iran

Ali Rastbeen -L’Iran et les enjeux géostratégiques du XXI° siècle (Hérodote)

J.M. Vernochet : l’iran face à ses minorités

Publié dans peuples

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